Descente de la Casamance

Au premier réveil après Abéné, nos équipiers nous annoncent qu’ils pensent avoir trouvé leur petit coin de paradis et veulent retourner à Abéné. Ils veulent voir s’ils peuvent mettre en place un projet pour aider les villageois. Nous les laissons partir vers leur destin avec quand même un petit pincement au cœur.

Pour notre dernier soir sur Ziguinchor, tous les bateaux des voiles du partage mangent ensemble au restaurant. C’est aussi l’occasion d’accueillir nos nouvelles équipières Maëlis et Lucia, les deux cyclistes qui ont fait 6834 km depuis Chambéry pour rallier Ziguinchor au Sénégal. Elles font la transatlantique avec nous avant de continuer de pédaler direction l’Argentine, le pays de Lucia.


 

Le dimanche 23 nous quittons le mouillage direction Niomoun un petit coin très tranquille de la Casamance. L’entrée dans le Bolong (rivière) est un peu compliquée puisqu’il n’y a pas beaucoup d’eau pour passer et il n’y a pas non plus de carte précise des fonds marins. Nous entrons donc à tâtons précédé de bateau avec un plus petit tirant d’eau que nous. Comme cela grâce à leur sondeur ils peuvent nous communiquer par VHF la profondeur qu’il y a sous leur bateau. Tout se passe sans encombre et nous remontons tranquillement ce Bolong jusqu’à l’ile de Niomoun.


Nos deux équipières profite de cet arrêt pour organiser une soirée cinéma comme elles le font chaque soir depuis leur départ de France. L’originalité de leur cinéma est qu’il faut pédaler pour créer l’électricité nécessaire à la projection du film. La projection se fait dans la cour du collège contre un des murs blanc du bâtiment principal.


Sur une des deux photos vous voyez Kirikou projeté sur le mur et sur l’autre Lucia qui pédale. Cette projection a été un succès, il y a eu à peu près 400 personnes.

 

Le lendemain matin nous sautons dans une pirogue direction l’île d’Hilol, nous apportons en main propre des coli pour le collège de l’île, ce n’est pas moins de 6 ordinateurs qui ont été donné pour cet établissement.



La cérémonie de remise des colis a été accompagnée de chants et danses traditionnels.

 

Avant le repas, Anne et Cindy profite d’un temps mort pour visiter l’école primaire de Kouba dans le but de faire un échange entre cette école et l’école Bilingue d’Annecy en Haute Savoie. L’école de Kouba est une petite école de brousse situé sur l’île d’Hilol (Hillol) en Casamance avec 5 classes dont les âges vont de 3 à 9 ans.

L’école a été construite en 1980, la réfection a été entamée en Octobre 2013. C’est à cette époque que l’électricité a été installée et que l’école maternelle a été construite. Cette école permet à des enfants venant des villages environnant d’aller à l’école, ils font environ 1,5km à pied tous les matins pour se rendre en cour. C’est aussi là-bas que se trouve la maternité et le dispensaire médical. Cette école est fourni en électricité grâce à une centrale de panneau solaire qui a été installée par électricien sans frontières.





 

 

 

Nous quittons notre havre de paix le 28 novembre direction Karabane, notre dernière escale avant la grande traversée…. !

 

 

 

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Abéné

Nous sommes partis le dimanche 16 novembre en bus direction Abéné, la galerie sur le toit rempli des colis que l’on amène pour la maternité et l’école. 2h40 de route sinueuse sont nécessaire pour atteindre le village, situé dans la Casamance moyenne sur la côte à la frontière de la Gambie. La bonne humeur et les chants de marins sont au rendez-vous dans ce bus surchargé !

BE Zig

Arrivés à Abéné, nous déchargeons directement les colis pour la maternité : des jeux, des compresses, des couches, du lait en poudre et nos infirmières et médecins se mettent au travail : un enfant est arrivé, il est très malade.

Pendant ce temps on continue le déchargement de nos affaires et on part s’installer dans un petit hôtel à deux pas, tenu par Gérard et sa femme.

Le lendemain, les travaux pour la maternité et l’école commencent.

Axel se rend à la maternité pour faire l’électricité et le reste de la troupe va à l’école pour refaire toute la peinture.

Axel, Clémence et Luc à la maternité. L’école d’Abéné

Anne et sa fresque

Une fois l’école terminée, nous avons eu une cérémonie de remerciement et de remise du drapeau Mauritanien en échange du drapeau Sénégalais, qui sera remis au Brésil, avec les élus du regroupement des villages environnant, les enfants et un groupe de musique !

En dehors du chantier, nous avons quand même profité du village et fait de belles rencontres. Notamment, au bar Africa first où nous avons pris quelques petit déj’ et appris à cuisiner le mafé.

Le plus important dans ce village est l’arbre sacré, 6 arbres (des fromagers) réunis en un seul !

Petite histoire : à l’époque, les femmes venaient accoucher dans un des creux de cet arbre. Après l’accouchement, les femmes restaient 7 jours dans l’arbre avec leur enfant pour qu’il soit protégé contre les mauvais esprits. Seules les femmes pouvaient y accéder.

Aujourd’hui, un groupe de mamas entretiennent l’arbre et ses abords. On doit leur amener une offrande (à manger ou à boire) et une fois que l’on s’en va, elles prient avec nous dans leur langue maternelle, le Diola.

Au Sénégal, il y a beaucoup de dialectes différents : le wolof, le mandingue, le diola… suivant les régions.

Quelques mots appris en Wolof entre Dakar et Abéné :

Notoudou : comment t’appelles tu ?

Mangadef : comment vas-tu ?

Manguefi : je vais bien

Maguidem : Au revoir

Nerna : C’est bon (délicieux)

Dédet : non

Wahou : oui

Harit : ami

Dieuredieff : merci

Yégi légi : à tout à l’heure

Danka Danka : tranquille, doucement

Notre séjour à Abéné s’achève après une semaine très reposante dans ce petit village fort sympathique….

Retour en taxi à Ziguinchor pour continuer notre route vers Nioumoun….

Casamance

Ca y est nous arrivons sur la Casamance au petit matin ! Surveillance non-stop obligatoire aux jumelles et avec le GPS car l’entrée est très compliquée à cause des bancs de sable.

On a réussi à rejoindre les autres à karabane sans trop de problèmes, petit arrêt express pour les papiers et c’est reparti !

C’est magnifique et incroyable en même temps ; naviguer entre les terres ! Tous les bateaux se suivent à la file indienne ceux qui ont le moins de tirant d’eau et ceux qui ont l’habitude de venir ici sont devant et nous montre la route !

On est même accompagné par des dauphins pendant toute la montée jusqu’à Ziguinchor !

 

Le paysage est magnifique ! Il fait beau et chaud, tout le monde cherche un peu d’ombre !



5h de moteur plus tard, Ziguinchor se dessine sous nos yeux. Nous profitons du reste de la journée pour décharger les colis à destination du dispensaire de Ziguinchor et d’Abéné

3400 miles après avoir chargés les précieux colis, Jules en prend encore soin jusqu’à leur l’arrivée définitive à terre.

Dakar

Premier samedi à Dakar, nous avons rendez-vous à 13h avec Paul pour visiter la ville. Ils nous emmènent manger dans un boui-boui, pour nous faire goûter un poulet yassa, qui au final s’est transformé en bœuf yassa, parce que le poulet n’était pas encore déplumé ! C’est un plat à base de brisure de riz avec des morceaux de bœuf, d’oignons, de citron et de leur délicieuse sauce dont on a pas réussis à avoir le secret ! Nous avons aussi goûté le café Touba, café spécial du Sénégal fabriqué à Touba. Spécial parce que le café est grillé au feu de bois avec des graines de baobabs, ils rajoutent ensuite quelques épices et beaucoup de sucre ! Un délice !

Paul nous propose ensuite de nous emmener dans son quartier et par la même occasion au salon de coiffure de l’ami de sa sœur. Il est 14 h, nous sautons dans un taxi direction le quartier Markat. On arrive dans un quartier bien vivant avec des enfants de partout, des biquettes qui se baladent de pas de portes en pas de portes, des chiens allongés au milieu de la rue…. Bref, vivant et agréable ! Vu qu’on est entre filles, on se dit pourquoi ne pas en profiter pour changer de tête ?! Hop, direction le marché, on achète des mèches, des perles, des coquillages et c’est parti pour le relooking ! il est 16h….

6 heures plus tard, 22h30, 300 tresses plus tard, nous n’avons toujours pas fini…

Après cette belle journée où nous avons rencontré la moitié du quartier tout en restant au salon, on a pris la décision de leur faire un don de fournitures scolaires. Nous revenons donc le lendemain pour leur apporter un colis qu’on avait récolté à l’école bilingue d’Annecy-le-Vieux et l’école Les Cordeliers de Seynod.

Merci à ces deux écoles qui ont fait ces dons, tous ces gens vous remercie du fond du cœur !

Après cette aventure, nous devons travailler un peu sur le bateau : Prune nettoie le moteur armée d’une serpillère (alias la Georgette)

Axel et Cindy vont acheter le nouveau régulateur de tension pour les panneaux solaire qui produisent l’électricité nécessaire au fonctionnement des instruments de navigation sur le bateau. En chemin ils croisent une manifestation Bayfall.

Pendant ce temps Anne honore sa parole en faisant une montagne de crêpes.

Petite explication : deux jours avant, quand tous les voiliers arrivent à Dakar, nous sommes déjà sur place avec Tiamat, Anne s’est donc proposée pour donner les renseignements nécessaires pour mettre qu’ils mettent l’ancre en toute sécurité puisqu’il y avait des épaves à proximité. Donc Anne annonce à tout le monde que pour se parer de l’épave la plus proche il faut mouiller à tribord du trimaran. Cependant elle regardait vers l’arrière du bateau ce qui la complètement perturbée. Au moment où elle se rend compte de son erreur, elle saute sur la VHF pour rectifier ; mais c’était trop tard ! Un des bateaux avait déjà mis sont ancre, il a donc été obligé de la relever pour aller plus loin. Le gage qui a été imposé à Anne a été de faire une montagne de crêpes pour tout le monde. Elle nous fera donc 104 crêpes par 45c° ! Ce fut une belle occasion pour réunir tous les bateaux des Voiles du partage autour d’un goûter organisé par le Tiamat crew. Au menu jus de fruit pressé par nos soins, pastèque et bien sûr les crêpes.

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Clémence équipière de Cap Sud (le bateau de l’amiral des Voiles du partage)

Patricia femme du capitaine de Bororo (un super maramu !)

Voici Monsieur Tonton équipier de Bororo

Après une petite semaine passée sur Dakar et un nouveau jeu de voiles… …nous reprenons la mer direction la Casamance.

Arrivée au Sénégal

En quittant Nouadhibou en Mauritanie, nous avons croisé des petites pirogues à côté d’énorme super tanqueurs.

Et des pêcheurs typiquement Mauritaniens.

Nous arrivons à Dakar en seulement 3 jours, bien que l’on a été détourné, par deux fois par les militaires qui escortaient un bateau tractant des câbles antisismique de 12 km de long.

L’arrivée se fait de nuit dans une euphorie générale, tellement heureux d’arriver enfin au Sénégal.

Photo au petit matin du mouillage de Dakar

Nous profitons de la première nuit pour faire un barbecue sur la plage pour fêter l’anniversaire de Prune. Encore bon anniversaire Mademoiselle !

Pendant cette première soirée nous rencontrons Paul, un Gambien très sympathique qui nous fera découvrir Dakar et ses recoins.

Mauritanie

Ca y est, nous quittons le territoire Marocain pour entrer en Mauritanie.

Enfin c’est ce que nous pension. Arrivés au mouillage de Nouadhibou, les militaires nous ont vivement « conseillés » donc interdit de descendre remettre les colis aux enfants si nous ne payons pas le visa à 50 €, et tout cela pour rester seulement 24h sur le territoire Mauritanien. De plus, les autres de l’escadre étant arrivé avant nous, nous ont déconseillé de descendre puisque nous n’avions aucune liberté de mouvement, tout était sur-organisé et les militaires contrôlaient tout, voir même le sourire des gens.

Nous n’avons donc aucune photos ni informations à vous fournir sur cette escale ou, nous avons pratiquement jeté nos colis sur leur territoire sans savoir ce qu’il en adviendrait.

Ce que nous vous proposons à la place, c’est une présentation de la vie à bord !

Tout d’abord nous tenons à vous présenter nos canards, qui nous tiennent compagnie durant nos bains dans notre piscine à l’arrière du bateau.

A gauche Monsieur canard (propriétaire : Prune) et à droite le capitaine plongeant dans la piscine du bord

Prune confortablement installée à la barre qui tient l’enceinte, au cas où une grosse vague arriverai et lui couperai le son.

Les garçons en cuisine, pour la préparation de la dorade à la Tiamataise

Axel BE

Présentation du reste de l’équipage des canards, dans le prochain article.

Dakhla

Après 4 jours de navigation et de très belles prises aux bouts de nos cannes qui ont de nombreuses fois cassées.

Dorade corifénne

Thon rouge

Nous arrivons à Dakhla un petit coin de paradis, le plus grand spot de kit surf au Maroc.

Nous fêtons ici la fin du premier tour du Maroc à la voile avec une cérémonie officielle avec la présence du Walli (équivalent du premier ministre en France) qui a remis le drapeau marocain à Roselyne Zandler (la directrice de la revue Vue sur Mer), qu’elle devra remettre aux enfants mauritaniens. Lors de cette cérémonie nous avons aussi remis les dons de matériels scolaires à l’école de Daklha.

Tarfaya

Nous voilà enfin arrivé ! Après les formalités avec les douanes et la police, nous pouvons enfin aller à terre !

Le port pour les plaisanciers n’étant pas du tout terminé, nous avons dû accoster le bateau au quai des pécheurs ! Il n’y a pas encore de douches, de toilettes, l’électricité n’est pas encore installée pour les bateaux… rien n’est prêt pour les plaisanciers… les gens n’ont tellement pas l’habitude de voir des étrangers que nous avons été l’attraction de la ville pendant 24 heures ! Tout le monde était au courant en moins d’une journée que des étrangers avaient débarqué au port !

 

Bref, dès que nous avons pu mettre les pieds à terre, nous avons fait deux équipes, (on nous a conseillés de toujours laisser quelqu’un à bord pour éviter le vol…) ; donc les filles sont parties en ville pour faire un hammam (une douche collective : pour se laver on remplit un seau dans une fontaine d’eau chaude, on s’assoit dans une salle les uns à côté des uns et des autres pour se frotter avec un gant spécial, le gant de crin. Il y a un hammam pour les hommes et un pour les femmes ou c’est le même mais les horaires sont différents : le matin, ce sont les femmes et l’après-midi ce sont les hommes). Après 8 jours de navigation, c’est vraiment agréable de se laver dans ces endroits pour enlever tout le sel ! Ensuite, elles ont fait les courses pour faire le ravitaillement sur le bateau pour aller jusqu’à Daklha, pendant que les garçons essayaient de faire le plein d’essence.

Nous avons fait de très belle rencontre notamment une vieille dame de 70 ans qui vient tous les jours au port depuis 40 ans pour pécher des poissons quelle revends en ville pour acheter des produits de base, comme du riz, du sucre, des pâtes afin de les rapporter dans son village au cœur du Sahara.

Ce fut une escale de dernière minute pour un ravitaillement express où nous avons vécu des choses très forte et appris beaucoup de choses, nous ressortons de cette escale grandi et avec une vision plus réel de la vie des marocains.

Navigation Tanger Rabat

Départ de Tanger à la voile

Il manque encore la première voile d’avant qui s’appelle le génois.

Au cours de cette navigation, nous n’étions plus que 4 équipiers sur Tiamat, André a voulu voir la navigation sur des bateaux plus moderne. Nous nous retrouverons à chaque escales pour passer du temps ensemble !

Notre bateau n’étant pas équipé d’un pilote automatique nous devons toujours tenir la barre, nous avons donc dû diviser les journées en quarts de 6h chacun. Les quarts de nuit sont les plus fatiguant mais on peut voir des choses magnifiques comme des ciels étoilés, de merveilleuse levée de lune ou même des dauphins dans des planctons phosphorassent.

En dehors des quarts, la vie à bord s’organise normalement, on a même le temps de cuisiner des bons petits plats : pendant cette navigation on a même fait une soirée pizza américaine.

Après 4 jours passer à bord de Tiamat au milieu de l’eau, l’arrivée à Rabat se fait désirer, le port nous fait attendre 8h devant le port afin d’attendre l’étale de la marée haute pour pouvoir entrée dans le chenal.

Vue depuis la mer

Vue depuis l’intérieur du chenal

Nav Rabat Tarfaya

Nous embarquons le mercredi 15 octobre avec une nouvelle équipière, Prune. Elle, aussi, est éducatrice sportive, son domaine est la natation. Elle était sur un autre bateau de la mission qui a décidé d’abandonner les Voiles du partage car le capitaine n’était en accord avec le fonctionnement de cette mission.

Nous mettrons 7 jours à atteindre Tarfaya. Sachant que Jules et Anne sont nés le 20 octobre et Axel le 21, nous avons passé 48h d’anniversaire en mer. Au menu pizza maison avec en dessert un moelleux au chocolat et le lendemain patates douce, haricot frais avec en dessert une montagne de crêpes. J

Au programme baignade et dauphins !

Nous voyons enfin le port de Tarfaya après 7 jours de navigation avec très peu de vent pour nous faire avancer !